Un panel de juristes dénonce les dérives de la lutte anti-terroriste
Les attentats du 11 septembre 2001 ont eu des conséquences graves sur la politique de certains pays. Pour certains Etats, la menace terroriste est bien réelle, mais pour d'autres on pourrait parler de paranoïa. Cette menace doit être combattue, comme l'a affirmé le Conseil de Sécurité des Nations Unies, mais pas à n'importe quel prix, et surtout pas au détriment du droit international, des droits de l'Homme et du droit humanitaire.
Un panel de juristes, composé, entre autres personnalités, de Mary Robinson, Hina Jilani et Justice Arthur Chaskalson, sonne l'alarme. Dans un rapport, ils dénoncent les abus liés aux politiques anti-terroristes; tortures, emprisonnements illégaux, violations des droits de l'Homme et du droit humanitaire. Souvent les procédures ne sont pas respectées et les personnes emprisonnées sans avoir pu se défendre juridiquement, comme ce fut le cas à Guantanamo. Ne sommes-nous pas tous présumés innocents avant d'être jugés coupables?
Ne parlons pas des méthodes d'interrogatoires barbares et des multiples atteintes aux droits de la personne. Les agences de renseignements ont des activités difficiles à contrôler. Leur rôle a évolué et elles s'occupent désormais de la détention et des interrogations de prisonniers. Comment savoir ce qui se passe réellement? Il n'y a aucune transparence.
Contre le terrorisme les Etats et les institutions se permettent de déroger aux droits et d'abuser de leur pouvoir. Le rapport rappelle qu'il faut respecter les droits de l'Homme et le droit international, même contre le terrorisme. Pour l'instant le panel n'a analysé que certains pays, en raison du manque de ressources financières. C'est déjà un début, qui nous rappelle qu'il existe des normes à respecter et que nous avons des droits et des obligations, même envers les terroristes.
Chrystel Dayer,
Club suisse de la presse.
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