En septembre 2001, la Suisse a signé, avec 162 autres pays, la déclaration de Durban élaborée au terme de la 3e conférence mondiale contre le racisme, reconnaissant que l'esclavage et la traite des esclaves constituent un crime contre l'humanité, tout en soulignant, par la voix de son représentant, qu'elle n'avait « rien à voir avec l'esclavage, la traite négrière ou la colonisation ».
L'ouvrage « La Suisse et l'esclavage des Noirs » , co-écrit par
Bouda Etemad
(Prof d'histoire contemporaine aux Universités de Genève et Lausanne), Thomas David et Janick Marina Schaufelbuehl (respectivement prof-assistant et assistante doctorante à l'Institut d'histoire économique et sociale de l'Université de Lausanne), lève le voile sur des aspects inconnus de l'Histoire suisse et révèle, sur la base de matériaux originaux, que des marchands, des maisons de commerce et des financiers suisses ont été impliqués dans la traite des Noirs aux XVIIIe et XIXe siècles. Il démontre que des citoyens helvétiques ont exploité, aux Amériques, des esclaves sur leurs plantations et que les Suisses auraient directement ou indirectement contribué à la déportation de quelque 175'000 Noirs vers les Amériques.
En Suisse, comme dans le reste de l'Europe, de telles pratiques ont été dénoncées par des associations antiesclavagistes au cours des 18e et 19e siècles déjà. Dans une déclaration datée de juin 2003, le Conseil fédéral, « regrette (...) que différents citoyens suisses aient été impliqués de près ou de loin dans le commerce transatlantique des esclaves » et se dit « disposé à soutenir le réexamen (...) du passé ». Il y voit cependant une limite qui exclut toute demande de réparations, les générations actuelles ne pouvant être tenues pour responsables des erreurs commises par leur aïeux.